Un réseau pour la Paix

Face à l’extension des violences sociales, économiques, politiques et religieuses, l’association Bâtir la Paix souhaite apporter une réponse de fond en créant un réseau national de maisons visant spécifiquement à favoriser l’intégration entière et valorisée des individus dans la société.

En effet, la rupture de la paix sociale trouve ses origines dans les faiblesses du tissu social et plus spécifiquement dans la difficulté qu’a la société à intégrer pleinement les individus sortant du cadre du circuit habituel d’intégration, ou n’y entrant pas.
Le terme d’intégration ne concerne pas uniquement les plus défavorisés ou les immigrants et ne doit pas être confondu avec la vision erronée d’une simple assimilation culturelle. Il s’adresse à chacun d’entre nous et désigne le processus qui doit mener chaque individu à intégrer la société de façon pleine, entière, volontaire et valorisée ; et autoriser la vision d’un avenir choisi et affranchi des barrières de classes.

En l’absence d’intégration complète et valorisée, c’est à une situation mécanique d’opposition et de non-adhésion à la société que sont confrontés les individus, quelles que soient leurs origines sociales. Cette situation, amplifiée par les inégalités économiques et culturelles, nourrie par un sentiment d’injustice, d’iniquité et de rejet, constitue le terreau d’un mal déja profondément enraciné et contre lequel il faut agir.

C’est donc en prenant racine au cœur des problématiques d’intégration que l’association Bâtir la Paix souhaite apporter une réponse durable en créant un réseau de maisons visant à faire face aux multiples facteurs sociaux, économiques, politiques ou religieux pouvant constituer une entrave à une bonne intégration.

Il s’agit d’intervenir au cœur des problématiques d’intégration, non pas pour réformer ou révolutionner le circuit d’intégration proposé par la société mais, au contraire, pour en favoriser l’accès et l’adhésion durable en permettant à chacun de disposer des moyens, de l’accompagnement et de l’aide nécessaires pour intégrer la société pleinement et de manière valorisée.

De nombreux acteurs associatifs et institutionnels sont déjà impliqués dans l’accomplissement partiel de cette mission mais, à l’heure où la société est confrontée à des transformations majeures et durables, la mise en place d’un dispositif spécifique d’actions globales visant à favoriser l’intégration des individus dans la société, parallèlement aux actions institutionnelles et associatives, s’impose et constitue une réponse supplémentaire et actualisée au devoir qu’a la société de garantir à chacun une intégration pleine et entière ; condition indispensable à l’instauration d’une paix sociale durable.

Notre action

Notre action s’articule autour de trois piliers indissociables :

  • Permettre l’insertion et l’évolution concrète des individus dans le circuit d’intégration, tout en valorisant et pérennisant le fruit de ce travail d’intégration par le biais d’une offre culturelle, éducative et fédératrice se voulant à forte valeur ajoutée.
  • Proposer une vision de l’intégration au potentiel riche et reposant sur un socle culturel fort et fédérateur
  • Responsabiliser la société elle-même et l’inclure dans une dynamique d’intégration

Permettre l’insertion et l’évolution concrète dans le circuit d’intégration, c’est faire office de pont entre l’individu et la société, c’est ouvrir les portes permettant une évolution valorisée, c’est agir pour la citoyenneté et l’adhésion à une communauté nationale, c’est lutter contre la marginalisation et la désocialisation qui mènent au rejet de la société et les conséquences qui en découlent (…).

Proposer une vision de l’intégration au potentiel riche, c’est élargir le champ des possibilités limité par les différents contextes sociaux, c’est faire prendre conscience de l’intérêt d’apprendre, de se cultiver et de s’informer, c’est mettre l’élitisme à la portée de tous, c’est favoriser la prise de conscience pour l’individu d’avoir un rôle à jouer dans la société. C’est proposer une vision de l’intégration, basée sur l’adaptation à la société et le respect de ses usages, qui n’implique pas de renier ses origines ou renoncer à sa propre culture. Une vision qui n’implique pas non plus de renoncer à ses convictions, ses idéaux et son droit à la révolte, mais qui incite, au contraire, à adhérer à la communauté avec l’idée qu’il vaut mieux y jouer un rôle actif de l’intérieur que la combattre de l’extérieur. C’est aussi lutter contre une vision réductrice et déformée de l’intégration qui, faute de porter une ambition intellectuelle, se résume à l’accès au monde du travail, voire à l’accès au pouvoir d’achat. Cette vision appauvrie et matérialiste conduit mécaniquement à un repli sur soi et ses propres acquis, en engendrant chez l’individu une désolidarisation progressive de l’intérêt commun et de la société dans ce qu’elle a de structurant.

Responsabiliser la société elle-même et l’inclure dans une dynamique d’intégration, c’est favoriser la capacité de la société à savoir intégrer les individus dans le respect des différences et des particularités de chacun. Si l’intégration dépend de la démarche et de la volonté individuelle de s’insérer et s’adapter à un milieu, cette intégration ne peut être effective que par la reconnaissance de la société elle-même de ce droit à l’intégration.

Qui sommes-nous ?

Le projet de l’association Bâtir la Paix et des Maisons de la Paix est le fruit d’un groupe de réflexion informel, initié dans les années 2000, composé de personnes issues notamment de l’enseignement, de l’entreprise ou de l’assistance sociale, et réunis autour d’un même objectif : répondre concrètement, et par la paix, à des problèmes sociaux fondamentaux restant sans réponse ni solution.
Ce projet, initialement intitulé « Cultures en paix » et déposé à l’INPI dès 2007 a pris la forme du projet tel qu’il se présente aujourd’hui.

Indépendantes, apolitiques et a-confessionnelles, les Maisons de la Paix se veulent fondamentalement porteuses des valeurs de la République et, par essence, ouvertes à tous et à toutes les cultures. Cet ouverture rend obligatoire cette notion d’implantation nationale, car le modèle de société que doivent refléter chacune de ces maisons ne peut prendre de sens véritable qu’à l’échelle, justement, de la société toute entière.
Précisons que, dans leur tendance politique (droite, gauche, centre), les porteurs de ce projet se tiennent éloignés des extrêmes. Ce positionnement est un refus d’adhérer à des discours populistes entretenant la haine et la division sociale, mais aussi un refus d’adhérer à des idées promouvant le repli sur soi là où précisément, la réponse se trouve dans l’ouverture aux autres. Précisons aussi que nous pouvons être croyants ou non, être issus de confessions différentes, et que nous refusons à la fois le prosélytisme et le « laïcisme radical ».